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Registres HACCP à imprimer : ceux qu'on vous demandera vraiment

Un contrôle d'hygiène commence par la cuisine et finit par les papiers. À ce moment-là, une poignée de documents suffit — à condition qu'ils soient tenus. Voici la liste, un par un : ce qu'on y note, à quelle fréquence, qui signe, combien de temps on les garde, et les quatre erreurs qui sautent aux yeux.

Ce que le texte demande

Le règlement (CE) n° 852/2004 ne publie pas de liste de registres. Son article 5 § 2 g) demande d'« établir des documents et des dossiers en fonction de la nature et de la taille de l'entreprise pour prouver l'application effective des mesures » prévues par les procédures fondées sur les principes HACCP. Autrement dit : c'est à vous de choisir vos supports, mais vous devez pouvoir prouver ce que vous affirmez faire.

En pratique, l'administration publie la liste des documents demandés pendant la visite. Elle tient en neuf lignes, et c'est sur elles que se construisent tous les classeurs sérieux.

Les neuf documents demandés en contrôle

1. Nettoyage, désinfection et dératisation

Ce qu'on y note : ce qui a été nettoyé, par qui, avec quel produit et à quelle dilution. Le plan de nettoyage décrit la règle (zone par zone, équipement par équipement, fréquence, mode opératoire) ; la fiche de suivi prouve l'exécution. Pour les nuisibles : le plan des postes d'appâtage numérotés, les passages du prestataire ou vos propres constats, et les traces relevées.

Fréquence : quotidienne pour les surfaces de travail et les sols, hebdomadaire ou mensuelle pour les gros équipements, selon votre plan. Qui signe : la personne qui a fait le travail, pas le responsable en fin de mois.

2. Réception des marchandises

Ce qu'on y note : date, fournisseur, nature du produit, température relevée pour le froid et le surgelé, état de l'emballage, dates de durabilité, et la décision — accepté, accepté avec réserve, refusé. Une livraison refusée qui apparaît dans le registre vaut mieux que dix lignes « conforme » identiques.

Fréquence : à chaque livraison. Si vous achetez vous-même en cash and carry, le même contrôle s'applique au retour, avec le ticket comme preuve d'achat.

3. Températures

Ce qu'on y note : la température de chaque enceinte froide, identifiée par un nom ou un numéro — « frigo entrées », « chambre froide », « congélateur 2 ». Et, sur un second support, les couples temps/température des procédés : cuisson, refroidissement, remise en température, maintien au chaud.

Fréquence : aucun texte ne la fixe. L'usage professionnel est un relevé à l'ouverture et un à la fermeture, ou un enregistrement continu par sonde. Les procédés se notent à chaque production concernée. Les valeurs de référence et leur statut exact sont détaillés sur notre page températures en restaurant.

4. Entretien des hottes et des extracteurs

Ce qu'on y note : les dégraissages de filtres et de conduits, faits en interne ou par une entreprise, avec la date et l'intervenant. Conservez les factures et les rapports d'intervention : ils servent aussi pour votre assureur et pour la sécurité incendie.

Fréquence : filtres toutes les semaines en cuisine chaude, conduits une à deux fois par an selon l'activité.

5. Contrôle des huiles de friture

Ce qu'on y note : la date du test, le résultat, la décision (huile conservée, filtrée, changée) et l'enlèvement des huiles usagées. Voir notre page huile de friture.

Fréquence : à définir selon votre volume de friture, en général une à deux fois par semaine, et systématiquement avant un service chargé.

6. Formation du personnel

Ce qu'on y note : l'attestation de la formation spécifique en hygiène alimentaire de 14 h — une personne au moins dans l'établissement — et, pour chacun, les instructions reçues à l'embauche : lavage des mains, tenue, températures, allergènes, nettoyage, état de santé. Une fiche d'accueil signée par le salarié fait la preuve. À garder : l'attestation sans limite de durée, les fiches d'accueil pendant la présence du salarié et au-delà.

7. Analyses de laboratoire, si vous en faites

Ce qu'on y note : les rapports d'analyses microbiologiques et ce que vous en avez fait. Ces analyses ne sont pas exigées en tant que telles en restauration commerciale ; elles servent à vérifier que votre plan fonctionne. Un résultat défavorable classé sans action est pire que pas d'analyse du tout.

8. Fiches techniques des produits d'entretien

Ce qu'on y note : rien — ce sont des documents fournis. Réclamez à votre fournisseur la fiche technique et la fiche de données de sécurité de chaque détergent et désinfectant, et rangez-les dans le classeur. Elles indiquent la dilution, le temps de contact et la nécessité ou non de rincer, et elles servent aussi à votre document unique pour le risque chimique.

9. Coordonnées des fournisseurs et traçabilité

Ce qu'on y note : la liste de vos fournisseurs avec leurs coordonnées, et surtout les bons de livraison, factures et étiquettes qui permettent de remonter d'un plat à son origine. C'est le sujet de notre page traçabilité en restaurant.

Le registre qui manque presque toujours

Aucun de ces neuf documents ne s'appelle « non-conformités ». C'est pourtant celui qui vous sert le plus : un simple cahier où l'on note la date, le problème (frigo à +9 °C, livraison refusée, plat oublié au chaud), ce qu'on a fait du produit, ce qu'on a fait de la cause, et qui a décidé. Il montre que votre système vit. Sans lui, un relevé de température qui affiche un écart reste une anomalie sans suite.

Combien de temps les garder

Le règlement 852/2004 (article 5 § 4 c) demande de conserver ces documents « pendant une période appropriée ». Il n'existe donc pas de durée légale unique : méfiez-vous de tout site qui vous annonce un chiffre comme une obligation.

Les usages professionnels, à reprendre comme consigne de votre établissement :

  • enregistrements d'autocontrôle (températures, nettoyage, réception, huiles) : 1 an au minimum, 3 ans de préférence, pour couvrir deux passages de contrôle ;
  • documents de traçabilité (bons de livraison, étiquettes) : 6 mois après la date de durabilité du produit pour les denrées très périssables ;
  • factures : 10 ans, au titre du code de commerce, indépendamment de l'hygiène ;
  • attestation de formation hygiène : sans limite, elle n'a pas de date d'expiration ;
  • registre des déchets (dont les huiles usagées) : 3 ans.

Les quatre erreurs qui sautent aux yeux

Le registre rempli à l'avance. Trente lignes de la même écriture, au même stylo, avec des températures trop régulières : c'est visible en trois secondes et c'est le plus grave, parce que cela décrédibilise tout le reste du classeur.
Les trous. Trois semaines vides en août, rien le dimanche, plus rien depuis six mois. Mieux vaut un relevé une fois par jour tenu toute l'année qu'un relevé deux fois par jour abandonné en mars.
L'absence de signature ou d'initiales. Un relevé anonyme ne prouve pas qui a regardé. Une case « visa » avec deux initiales suffit.
L'écart sans suite. Une case rouge, un chiffre hors limite, et rien en face. C'est le point sur lequel un inspecteur revient toujours : il ne demande pas que tout soit parfait, il demande que les écarts soient vus et traités.

À l'inverse, un classeur modeste mais honnête — quelques feuilles, des ratures, des écarts notés et corrigés — vaut mieux qu'un document impeccable et invraisemblable. Le déroulé d'une visite est détaillé sur notre page contrôle DDPP.

Tableau récapitulatif

RegistreFréquence usuelleQui remplitDurée de conservation (usage)
Températures des enceintes froidesOuverture et fermeturePersonne qui ouvre / ferme1 à 3 ans
Cuisson, refroidissement, remise en températureÀ chaque production concernéeCuisinier1 à 3 ans
Réception des marchandisesÀ chaque livraison ou achatPersonne qui réceptionne1 à 3 ans
Nettoyage et désinfectionSelon le plan de nettoyagePersonne qui nettoie1 an
Lutte contre les nuisiblesPassages et constatsPrestataire ou exploitant3 ans
Hottes et extracteursFiltres chaque semaine, conduits 1 à 2 fois par anExploitant ou entreprise3 ans
Huiles de friture1 à 2 fois par semaineCuisinier1 an
Non-conformités et actions correctivesÀ chaque écartResponsable présent3 ans
Formation et accueil du personnelÀ l'embauche, puis rappelsExploitant + salariéAttestation sans limite
Traçabilité (bons, étiquettes)En continuPersonne qui réceptionne6 mois après la date de durabilité
Tableau des allergènes par platÀ chaque changement de carteExploitantVersion en cours

Les plats témoins ne figurent pas dans cette liste : ils sont obligatoires en restauration collective, seulement recommandés en restauration commerciale, notamment pour les banquets et les prestations de groupe.

Conform'eat édite des modèles de documents. Votre dossier comprend ces registres en classeurs Excel prêts à imprimer, sur une année complète, au nom de votre établissement : les enceintes froides portent les noms de vos frigos, les lignes de nettoyage ne listent que vos équipements, et les registres sans objet — friture, plats témoins, livraisons — sont retirés automatiquement. Chaque registre est accompagné de la procédure qui explique quoi y écrire et que faire en cas d'écart. Nous ne sommes ni un organisme de contrôle ni un cabinet de conseil : remplir les feuilles reste votre travail, et c'est ce qui compte le jour de la visite.

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